Dernière mise à jour le 17/04/2026
Exportations 2024 : l‘Italie se classe au 4ème rang mondial. Elle devance la France (7ème) dépassant même, en à peine 2 ans, le Japon et la Corée du Sud, pour se positionner derrière la Chine, les États-Unis et l’Allemagne avec des exportations de plus de 50 milliards d’euros, allant jusqu’à surpasser les exportations pharmaceutiques de l’Allemagne, qui se situent entre 5 et 6 milliards d’euros. La balance commerciale de l’Italie redevient excédentaire du fait d’une baisse des importations et d’une stabilisation des exportations. Cette force d’exportation est attribuée non seulement aux capacités de production, mais aussi au savoir-faire des industriels italiens qui commercialisent leurs machines et équipements « clés en main » à l’international, incluant des financements attractifs à leur offre.

Avec une baisse à 2,3% du PIB au troisième trimestre 2024, l’Italie a résorbé à marche rapide son déficit public. Un an plus tôt, il atteignait, à cette même période, 6,3% du PIB, d’après les chiffres de l’Institut national italien des statistiques (Istat). Sur toute l’année, le déficit devrait ainsi atteindre 3,8%, selon la Commission européenne, contre 7,2% en 2023
Exportations 2024 : L’économie italienne a maintenu une solide performance à l’export grâce à ses secteurs industriels diversifiés et son modèle unique de districts industriels. Les PME restent au cœur de cette dynamique commerciale tournée vers des produits haut de gamme et des marchés mondiaux stratégiques.
Exportations 2024 : comment l’Italie a-t-elle accédé au 4ème rang mondial ?
Début septembre, le rapport sur la compétitivité rédigé par Mario Draghi – prédécesseur de Giorgia Meloni à la tête du gouvernement italien – était rendu public. Quelques semaines plus tard, l’Italie devenait le quatrième exportateur mondial». En à peine deux ans, l’Italie a surpassé la Corée du sud et le Japon. Seuls la Chine, les Etats-Unis et l’Allemagne la devancent désormais. La France, quant à elle, n’en finit plus de reculer au classement et pointe à la septième place. Pire, elle a vu son déficit commercial se creuser de 8,1 milliards d’euros sur le seul mois de septembre, quand son voisin transalpin affichait un insolent excédent de 2,5 milliards d’euros.
Les exportations sont une question de survie économique
« Il y a eu une certaine continuité dans la volonté du pays de conquérir cette quatrième place », assure l’entrepreneur Edoardo Secchi, président fondateur du Club Italie-France. Le marché intérieur en Italie est insuffisant pour absorber toute la production. Les exportations sont donc une question de survie économique pour l’Italie. Elles ont atteint un excédent commercial notable, avec des secteurs tels que les machines, les produits pharmaceutiques et les véhicules contribuant fortement à cette performance. L’Union européenne reste le principal partenaire commercial, absorbant 52,1 % des exportations italiennes.
Le rôle central des PME dans l’économie italienne
Le paysage entrepreneurial italien se caractérise par une prédominance de PME familiales, qui représentent 98 % du marché. Ces entreprises, employant généralement entre 2 et 9 personnes, prospèrent grâce à leur capacité d’adaptation et de flexibilité, des traits essentiels pour surmonter les défis économiques d’aujourd’hui. Malgré leur petite taille, ces sociétés sont habiles à pénétrer des marchés de niche ou haut de gamme, l’Italie étant en tête au niveau mondial dans près de 3 000 secteurs de niche, en contraste avec des secteurs macro plus larges comme l’industrie automobile en Allemagne.
Plusieurs initiatives pour soutenir les PME italiennes
- Fonds pour l’intelligence artificielle : Un fonds de 800 millions d’euros a été créé en collaboration avec l’Agence nationale de cybersécurité et la Caisse des Dépôts et Prêts (CDP) pour aider les PME à intégrer des technologies d’intelligence artificielle dans leurs opérations. Initiative visant à combler le retard numérique des entreprises.
- Promotion de l’e-commerce : Le gouvernement soutient les PME dans leur transition numérique, notamment par des subventions via SIMEST (société du groupe CDP –Cassa Depositi e Prestiti – qui accompagne depuis 1991 les entreprises italiennes dans leur croissance à travers l’internationalisation) pour développer des plateformes de commerce électronique, participer à des salons commerciaux et réaliser des études de marché
- Campagne « Made in Italy »: Cette campagne inclut un fonds d’un milliard d’euros pour moderniser et encourager l’innovation dans les secteurs stratégiques tels que le mobilier, la mode, l’agroalimentaire, les yachts et les céramiques. La promotion du label « Made in Italy » est assurée par des campagnes de marketing mondiales, une participation accrue aux foires internationales, et la lutte contre la contrefaçon. Enfin et surtout, la SACE, agence italienne d’assurance crédit à l’exportation, a soutenu des projets d’exportation pour plus de 55 milliards d’euros en 2023. À titre de comparaison, Bpifrance, à travers sa filiale Bpifrance Assurance Export, annonce avoir déployé 22 milliards d’euros en 2023, soit à peine 40 % du niveau italien.
L’industrie 4.0 en Italie

L’Italie a lancé dès 2016 le Piano Industria 4.0, devenu ensuite le Piano Nazionale della Transizione 4.0. Ce plan a mobilisé plus de 10 milliards d’euros pour soutenir la transformation numérique des entreprises dans le cadre de la quatrième révolution industrielle :
- Investissement privé dans l’industrie 4.0 avec incitations fiscales aux entreprises
- Technologie UWB (Ultra Wide Band) adaptée aux installations de réseau tout en garantissant la sécurité des données et en favorisant la coopération internationale
- Formation de personnel compétent
- Diffusion des connaissances et du potentiel d’application de l’industrie 4.0. Gestion du du processus, avec une coparticipation publique et privée.
Le modèle italien des districts industriels

L’industrie italienne utilise un modèle économique appelé les « districts industriels« .
Les districts industriels occupent une place fondamentale dans l’innovation et dans la compétitivité du pays. Le territoire italien compte deux cents districts industriels qui regroupent 280 000 entreprises et deux millions de salariés. Sur 516 milliards d’exportations en 2021, les districts ont contribué à la hauteur de 133 milliards, atteignant un nouveau record historique. De plus sur 90 milliards d’euros d’excédent du commerce extérieur italien (hors coût de l’énergie), 90% proviennent de sociétés appartenant aux districts industriels.
Chaque district constitue une aire de production autogérée essentiellement composée de PME, mais c’est avant tout grâce à la centralisation des chaînes de production et de chaînes d’approvisionnement structurées que les entreprises exploitent leur avantage dans les processus de production. Les PME et les entreprises de taille intermédiaire (ETI) des districts sont à la fois alliées et concurrentes pour répondre à une demande internationale complexe.
Les secteurs moteurs des exportations italiennes
L’Italie a su préserver son industrie automobile avec des marques comme FIAT, Maserati et Ferrari, mais le modèle italien peut se mettre également au service d’autres grandes marques automobiles mondiales : à titre d’exemple, on connaît la puissance des grandes marques allemandes, mais une très bonne partie des sous-traitants et des pièces mécaniques derrière cette excellence allemande, vient d’Italie.
Donc souvent, derrière même les autres champions européens, il y a des petites entreprises italiennes qui donnent cette force de frappe mondiale.
- Machines et équipements industriels : 5e exportateur mondial dans ce domaine (101,1 milliards d’euros en 2023).
- Matériaux de construction : céramique, gypse…
- Produits pharmaceutiques : Contribuent à 7,4 % des exportations totales (49,1 milliards d’euros en 2023).
- Automobile : Représente 6,7 % des exportations industrielles, avec une spécialisation dans le luxe et les composants automobiles (45,8 milliards d’euros en 2023).
- Meubles : L’industrie italienne du meuble est à l’avant-garde en termes de conception, de la production et d’esthétique des produits. Le marché du meuble devrait enregistrer un TCAC supérieur à 4% au cours de la période prévisionnelle 2024- 2029.
- Mode et luxe : L’Italie produit 40 % des produits de luxe mondiaux et maintient un excédent significatif dans ce secteur.
- Agroalimentaire : Vin, pâtes, huile d’olive et fromages sont des piliers majeurs (41,2 milliards d’euros d’exportations agroalimentaires en 2017).
Principaux marchés pour les exportations 2024
- Union Européenne : Principal marché avec l’Allemagne (12,1 %), la France (10,2 %) et d’autres pays européens représentant plus de 50% des exportations totales.
- États-Unis : Deuxième marché hors UE avec 10,5 % des exportations italiennes (55 milliards d’euros).
- Autres marchés dynamiques : La Chine (+15 %), le Japon (+42 %) et la Russie (+25 %) sont des destinations où les exportations italiennes connaissent une forte croissance.
L’Italie et la France asservies à la même bureaucratie européenne :
- contraintes normatives et écologiques de l’Union Européenne
- sanctions européennes contre la Russie, pénalisant les entreprises italiennes
Exportations 2024 : L’Italie performe, tandis que la France régresse
Le retard de la France en matière d’exportation est antérieur à l’Union Européenne.
Si s’émanciper de la Bureaucratie Européenne est vital pour notre économie,
cela ne dispense pas la France d’entamer de grandes réformes… l’Italie en est un exemple.


