Dernière mise à jour le 05/09/2025
Crise de l’eau – le monde menacé par une pénurie
Qui finalement bénéficiera de la guerre de l’eau ? La planète, l’humanité où les marchés ? ARTE pose la question en 2019 dans : Main basse sur l’eau. Pénurie d’eau : 70 % de l’eau dans le monde est utilisée pour la production alimentaire, ce qui en fait la ressource la plus convoitée. Omniprésente dans la vie quotidienne, l’eau est essentielle pour l’habillement, le transport, le logement, les repas… Les fonds spéculatifs s’intéressent à cette opportunité : avec la montée de sa valeur, l’eau est devenue plus rentable que la terre, menant à une situation où l’eau est traitée comme une marchandise. Si elle n’est pas utilisée pour la culture, l’eau peut être revendue avec une rentabilité dépassant celle des produits agricoles traditionnels.

Pénurie d’eau et stress hydrique
Le critère de pénurie d’eau met l’accent sur les quantités disponibles de l’eau dans les différents pays, mettant en avant le rapport entre la demande et l’offre d’eau d’une région.
Le stress hydrique intègre la notion de qualité : il y a un déficit d’eau potable pour répondre à la demande. Ainsi en est-il du Népal où, à plusieurs mois de sécheresse, succèdent de fortes pluies provoquant des inondations dévastatrices qui de plus augmentent le risque de maladies transmises par l’eau.

Les Organisations mondiales sont «sur le pied de guerre»
Unicef
Selon l’UNICEF, plus de 2 milliards de personnes dans le monde n’auraient pas accès à de l’eau potable et plus de 1 milliard de personnes vivraient dans des zones où l’eau est difficile d’accès. D’ici 2040, il est prévu qu’environ un quart des enfants vivra dans des zones où le stress hydrique sera extrêmement élevé. D’ores et déjà, “chaque jour, plus de 1 000 enfants de moins de 5 ans meurent à cause d’une eau insalubre, soit 400 000 enfants chaque année”, la rareté de l’eau propre augmentant le risque de maladies hydriques telles que le choléra et la typhoïde.
Nations unies
Les Nations unies ont lancé la « Journée mondiale de l’eau » le 22 mars 1993, célébrée chaque année avec un thème différent. Le thème de l’année 2024 a été centré sur les «conséquences alarmantes du changement climatique». Les chaleurs extrêmes et l’aridité des sols réduisent les récoltes et l’eau potable, tandis que les inondations contaminent les sources d’eau. La République démocratique du Congo a connu des inondations sans précédent en 2024, affectant plus de 2 millions de personnes et exposant les enfants à des maladies hydriques mortelles.
Commission Européenne et Centre d’Information sur l’Eau
« Les effets du réchauffement sont déjà observables, d’autres font consensus dans la communauté scientifique ». L’Union Européenne nous incite à agir dès à présent pour le climat, sous peine de voir ces effets s’intensifier. Le changement climatique représente une menace très grave et touche toutes les régions du monde. Certaines régions sont confrontées à des précipitations et des phénomènes météorologiques extrêmes plus fréquents, tandis que d’autres doivent faire face à des vagues de chaleur et à des sécheresses de plus en plus intenses.
Sixième rapport d’évaluation du GIEC 2023
4Depuis le début de la révolution industrielle, le pH moyen ( potentiel hydrogène) des eaux de surface de l’océan est passé de 8,2 à 8,129. L’échelle pH étant logarithmique, cette diminution en apparence modérée (- 0,1) s’est traduite dans les faits par une hausse de 30 % de l’acidité des océans depuis l’ère préindustrielle. L’océan fait l’objet de multiples pressions (réchauffement, acidification, désoxygénation, élévation du niveau de la mer, surpêche, pollution, eutrophisation). «Le scénario catastrophe» semble bien enclenché.
Territoires les plus touchés par la crise de l’eau

Les calottes glaciaires polaires fondent et le niveau des océans monte
et pourtant, «selon les projections», l’élévation du niveau de la mer réduira la quantité d’eau douce disponible, dans la mesure où l’eau de mer s’introduira davantage dans les nappes d’eau souterraines car les réserves d’eau douce ne sont pas isolées de l’eau de mer (porosité des roches). La salinisation des eaux souterraines affecte l’agriculture et l’approvisionnement en eau potable. Par un effet de vases communicants, le prélèvement en eau douce se traduit par la contamination de l’eau douce par l’eau de mer. Le réchauffement de la planète qui se traduit par la fonte des glaciers et l’élévation du niveau des mers vient renforcer ce phénomène.
4 grandes zones géographiques
- Afrique : L’Afrique subsaharienne est gravement affectée avec seulement 22 à 34 % de la population ayant accès à une eau potable sûre. Des pays comme le Niger et le Burkina Faso subissent des sécheresses prolongées et une infrastructure insuffisante.
- Moyen-Orient : Les pays tels que le Qatar, le Liban, Israël et Oman figurent parmi les plus touchés par le stress hydrique extrême en raison du climat aride et de la forte demande en eau
- Asie : La Chine et l’Inde sont confrontées à une grave pénurie d’eau due à la surpopulation, l’urbanisation rapide et l’épuisement des nappes phréatiques. L’Inde pourrait être sous stress hydrique sévère d’ici la fin de la décennie.
- Amérique latine : Des régions comme le Brésil connaissent des sécheresses historiques qui menacent leur approvisionnement énergétique et agricole.
le Liban, le Pakistan, l’Afghanistan, la Syrie, la Turquie, le Burkina Faso, le Niger, le Népal, l’Irak, le Soudan
Impact humain de la pénurie d’eau en 2024
- Crises sanitaires en série : la consommation d’eau insalubre entraîne des maladies hydriques mortelles telles que le choléra et la typhoïde, particulièrement chez les enfants. Expansion d’insectes vecteurs de maladies infectieuses (le moustique tigre, dont la larve se développe dans les eaux chaudes et stagnantes, vecteur du chikungunya, de la dengue ou encore de zika. Originaire d’Asie, le moustique tigre est aujourd’hui retrouvé dans plus de 80 pays, dont la France métropolitaine, exposant les Français à ces maladies auparavant inconnues. 109 cas importés de dengue dont 40% avaient séjourné sur l’Ile de la Réunion du 1er mai au 12 juin 2019 (Santé publique, 2019).
- Éducation et égalité des genres : Les femmes et filles consacreraient trop de temps à collecter de l’eau, au détriment de leur éducation et de leur emploi.
- Stress hydrique : Un quart de la population mondiale vit dans des zones où le stress hydrique est extrêmement élevé, consommant plus de 80 % des ressources en eau renouvelables disponibles annuellement.
- Population affectée : Environ 2,2 milliards de personnes n’ont pas accès à une eau potable sûre, et 3,6 milliards subissent un accès insuffisant à l’eau au moins un mois par an. Ce chiffre pourrait dépasser 5 milliards d’ici 2050. Vagues migratoires incontrôlables
- Conflits : La rareté de l’eau alimente des tensions entre communautés et nations partageant des ressources transfrontalières. Elle est ainsi un facteur clé dans l’aggravation des conflits armés dans certaines régions comme le Sahel.
Du Rapport mondial des Nations Unies, publié par l’Unesco, il ressortirait que si nous voulons préserver la paix, nous devons non seulement mieux préserver les ressources en eau mais aussi renforcer au plus vite la coopération régionale et mondiale dans ce domaine. Un besoin urgent d’accords transfrontaliers. L’Unesco coordonne un réseau de plus de 2000 sites inscrits au patrimoine mondial. « Les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix » – Acte constitutif de l’UNESCO, 1945.
« Si nous voulons préserver la paix »… abstraction étant faite
du nombre et de l’intensité des guerres menées depuis 1945 jusqu’à nos jours
Corée, Vietnam, Laos […] Irak, Afghanistan, Libye, Gaza […] Serbie, Bosnie […] Ukraine […]
Secteurs économiques vulnérables
- Le secteur de l’Energie est le deuxième plus gros consommateur d’eau, nécessaire pour le refroidissement dans les centrales thermiques et pour la production hydroélectrique. La raréfaction de l’eau due au changement climatique devrait limiter la production énergétique, entraînant des surcoûts et une pression accrue sur la demande énergétique croissante.
- Les Industries nécessitent une eau de haute qualité pour leurs processus de production. La diminution de la qualité et de la quantité d’eau disponible peut perturber les opérations industrielles, surtout dans les zones à risque d’inondations ou de glissements de terrain. Les perturbations dans l’approvisionnement en eau peuvent entraîner des coûts supplémentaires pour maintenir la production et respecter les normes environnementales.
- L’Agriculture dépend fortement de l’eau pour l’irrigation. Le changement climatique entraîne des sécheresses plus fréquentes et des précipitations irrégulières, perturbant ainsi les cycles culturaux et réduisant la productivité agricole. Les pertes agricoles dues à la pénurie d’eau peuvent entraîner une insécurité alimentaire et une hausse des prix, affectant particulièrement les pays en développement où l’agriculture est cruciale pour l’économie nationale.
- Le secteur du Tourisme dépend souvent des ressources naturelles, y compris l’eau. Les changements climatiques peuvent altérer les paysages naturels et réduire l’attractivité touristique de certaines régions.
- Menaces territoriales : Arctique, Europe du Nord, Europe du Nord-Ouest, Europe Centrale et Orientale, Région Méditerranéenne, Villes et zones urbaines, Zones de montagne

